Raffertie – Sleep Of Reason


Raffertie-Sleep-of-Reason

Je conçois aisément que la transition d’Isaya à Raffertie, soit quelque peu énigmatique.  Au moins serez-vous au fait dès le départ : ma sensibilité musicale, bonne ou mauvaise, a au moins ce mérite de ne pas se cantonner à un style, un genre, ni même une mode. J’écoute 1,4 milliard de choses, j’en aime une infime partie, et tout ça peut donc passer de la folk lumineuse d’Isaya, à la pop-éléctro sombre et entêtante de Raffertie.

La première fois que j’ai lu ce nom, et que ce que j’ai entendu m’a marqué, c’est en écoutant il y a 3 ou 4 ans, un remix de « No you girls » titre présent sur le troisième album de Franz Ferdinand, sorti en 2009. Déjà, on y sent cette espèce de dualité fascinante entre luminosité et obscurité qu’il est capable de nous faire ressentir. Depuis, Benjamin Stefanski, de son vrai nom, roule sa bosse, signe plusieurs enregistrements et remix, chez Domino (qui compte entre autre Anna Calvi, Franz Ferdinand, John Cale… au passage ), Moshi Moshi et crée ensuite son propre Label, Super, où il va accessoirement être le découvreur d’AlunaGeorge (mais si, on en parle genre partout en ce moment de ces deux-là…), jusqu’à collaborer avec Ninja Tune (label plutôt électro, fondé vers les années 90’ et qui produit notamment Bonobo, et Andreya Triana, dont je finirais forcément par vous parler ici à un moment ou un autre…) , chez qui il sort donc début août 2013, un premier album :

 Sleep of Reason.

De cet album, Raffertie dit ceci : « […] Les albums que j’ai écouté et avec lesquels je me suis senti connecté en grandissant, et encore aujourd’hui d’ailleurs, sont ceux qui mon fait sentir que je n’étais pas seul. Cela peut vous paraître plutôt triste, mais ce processus de connexion était ce qui au final m’a attiré vers beaucoup de musiques. La catharsis, il me semble, est la colonne vertébrale de la musique. C’est un processus qui nous réconcilie avec nos propres démons. »

Je n’ai lu ceci qu’après m’être sérieusement penché sur le sujet, et avoir déjà longuement écouté l’album, le fait est que ne serait-ce que lire ça, aurait peut-être déjà suffit à me convaincre. Déjà parce que le mot catharsis est parfait. Et puis plus sérieusement parce qu’en ce qui me concerne, c’est précisément ce que je ressens pour la musique depuis que je suis en âge de dire d’un morceau, ça j’aime, ça j’aime pas, et je devais avoir 5 ans. Je ne dis pas que chaque musique, chaque album doit être une révélation ni une révolution dans la vie de chacun, mais je crois et avec ferveur qui plus est, que la musique peut être quelque chose de très intérieur, en cela qu’elle peut vous faire ressentir des émotions immensément importantes et être l’une des rares choses au monde qui puisse vous réconciliez avec vos démons, où le monde en général. Et c’est aussi certainement cette sensibilité qu’a Raffertie qui fait que cet album me parle, mais me parle vraiment.

Quand bien même l’artiste est « rangé » dans la catégorie « musique électronique », ou électro si vous préférez, je ne crois réellement pas qu’il y ait que de ça dans cet album, parce qu’il y a des nuances pop, d’une pop très sombre, mais finalement très anglaise, qui font partie intégrante du truc génial qu’il y a dans cet album, par exemple sur un morceau comme « Gagging Order ». A côté de ça effectivement d’autres morceaux aux nuances bien plus électroniques, genre le génial « One Track Mind », sa montée en puissance lente et prenante, jusqu’aux 2 :52 qui vous explose aux oreilles, et mon dieu que c’est bon.

Sans oublier évidemment le très bon « Build Me Up », son texte placé au millimètre près et son instru’ aussi froide et implacable que suave et sensuelle.

Là où Raffertie est loin, très loin de nous donner à écouter un bidouillage électro parmi tant d’autres, c’est qu’il est doué, mais vraiment très doué, musicalement il sait exactement où il va, où il peut aller, et surtout là où il veut nous emmener (diplômé au Conservatoire de Birmingham en composition classique et contemporain le garçon en même temps !)

L’atmosphère qu’il construit vous enveloppe, empreinte de noirceurs et de clartés, qui ont finalement l’air de ne pouvoir exister que par leur respective présence.  Les textes semblent ne pouvoir aller qu’avec la musique qui les entoure, et au final vous embarque complètement.

J’en ai dit beaucoup pour finalement n’avoir envie de vous dire qu’une chose : c’est beau. Sans fioritures, et sans complications inutiles, c’est seulement beau, planant, tout en contrastes et en contradictions.

Après tout est-ce que ce n’est pas ça l’un des trucs géniaux que la musique peux vous faire ressentir ?

Une espèce de moment d’évasion parfaite ?

Un dernier pour la route, « Rain»  où toute l’élégante éloquence musicale de Raffertie fait mouche (et où je trouve enfin «cetrucauquelsamusiquemefaitquandmêmepenser » : The XX _ que j’aime tout particulièrement soit dit en passant.)

http://ninjatune.net/release/raffertie/rain

Sleep of reason – Raffertie

Aoît 2013

[Ninja Tune]

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2 réponses à “Raffertie – Sleep Of Reason

  1. Merci pour cette vidéo de Raffertie, oui pour moi ce matin ce fut (bizarrement peut-être;) un moment d’évasion parfaite ! je suis d’accord avec le fait que la musique, les paroles sont très ciselées comme les images et le scénario …
    Laure

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