Bill Callahan _ Dream River


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Embarquement immédiat. Toutes voiles dehors.

Dream river est le quinzième album de Bill Callahan pour Drag City, le seizième de sa carrière, et autant le dire tout de suite, je ne vais faire preuve d’aucune sorte d’objectivité. J’ai le sentiment d’avoir écouté Callahan depuis toujours, aussi loin que remonte mes souvenirs musicaux. Et je ne m’en lasse pas. Ceci étant dit, laissez-moi tout de même le plaisir de vous parler de ce nouvel album.

8 titres. C’est court. Et c’est gigantesque. Comme un voyage dont l’intensité vous donne le sentiment d’être parti depuis des mois. A chaque écoute en tout cas, j’ai cette impression. Et cette irrépressible envie de prendre la mer, et de partir. Loin.

Dès les premier titre, on retrouve la patte Callahan. La voix grave, puissante,  brisée ou fragile en certain endroits, la mélodie teintée de folk, une mélancolie, une tristesse et une spiritualité dont ces chansons se défont rarement, quelque chose de doux et triste en même temps, qui vous transporte d’un bout à l’autre de ce que peut être une palette d’émotions.

Il s’agit du genre d’artiste, et d’univers qui ont le pouvoir de nouer un lien étroit et incroyablement unique avec chaque personne qui va l’écouter (ce qui devrait figurer en top 3 des qualités requises pour pouvoir faire partie du gang des « grands » ). Difficile donc de me défaire de mon unique et simple ressenti pour vous parler de ce dernier opus. Néanmoins… Il s’en dégage quelque chose de l’ordre du magnétisme, tout l’album résonne d’une immense sensualité, qu’il s’agisse de « Small Plane » ou « Summer painter », deux morceaux pourtant assez différents, Bill Callahan est habité. Il n’y a pas d’autre façon de décrire sa musique que de dire ceci, il est littéralement, habité et par tant de choses ! Habité par la nature, habité d’une sensibilité à fleur de peau et à fleur de maux, par une humilité aussi qui ne le rend que plus grand à mes oreilles. Il fait parti à mon sens des grands, voire des très, très grands, et pour autant, nul besoin de surfer sur des modes, ou sur un succès mondial et illimité, Bill Callahan est fidèle à lui-même, à chacun de ses albums, qu’il s’agisse du temps de Smog, ou du tout aussi génial Apocalypse, son avant-dernier album, [ et son absolument magique « Riding for the feeling »]. C’est tout à la fois, diablement triste, inspiré, percutant, et passionné. Vivant en fait.

J’ajoute enfin,  une mention spéciale pour « Seagull » d’où s’échappe en plus de tout le reste, quelque chose de léger et aérien. Grandiose. Bref, cet album c’est la transition parfaite pour rentrer dans octobre, c’est l’album qui ne vous lâchera plus et j’espère vous convaincra (ou vous rappellera) combien  Bill Callahan est doté d’un talent inouï et constant.

Et doit-il réellement y avoir d’autres critères pour faire un grand artiste ?

 Dream River – Bill Callahan

[Drag City] 17-09-13

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