Barbarossa _ Bloodlines


JamesMathe_156_David_Fairweather

Barbarossa, c’est James Mathé. Loin d’être novice, il officie déjà avec notamment José Gonzales, comme avec Junip – dont José Gonzales fait aussi parti (l’occasion de vous suggérer d’écouter leur très, très bon « Line of fire », titre de l’album éponyme qu’ils ont sortis cet été). Pas si étonnant que son nom soit souvent lié à celui de Gonzalès tant leur sensibilité peut être proche, quelque chose de très aérien dans la voix, auquel va s’associer un talent inné pour inventer des mélodies enlevées et qui flirtent autant avec la soul, la folk, que l’électro. Vous l’aurez compris le britannique a bien plus que sa géniale barbe rousse pour vous faire craquer, il a surtout un univers, bien à lui que cet album, Bloodlines, va vous faire découvrir, on note que l’album sort chez Memphis Industries, ce qui peut déjà être le gage de quelque chose de plutôt cool.

Et figurez-vous, que ça l’est.

J’ai cherché longuement un mot qui puisse définir sa musique, son ambiance, sa texture. Et bizarrement me reviens en tête à chaque fois le même mot étrange : je trouve qu’il se dégage de sa musique quelque chose de l’ordre de l’organique (mais qu’est-ce qu’elle raconte ?), si, si, organique. Parce que ce mot  peut renvoyer à quelque chose d’essentiel, qui constitue un être, parce qu’il renvoie aussi à quelque chose de chimique, et je trouve qu’il y a de ça, dans sa musique. Et même, en allant plus loin dans l’étrangeté, je me rappelle vaguement d’un cours d’histoire de l’art définissant une variante de l’architecture, dite « architecture organique », qui dans mon lointain souvenir définit quelque chose de nécessairement très réfléchi et construit ( de l’archi quoi…) mais traversé part une idée d’harmonie avec l’environnement alentour, une volonté de s’accorder avec la nature . Et bien voilà, je trouve que la musique de James Mathé s’harmonise diablement bien avec ce qui l’entoure.

Trêve de considérations étranges, le premier morceau que j’en ai écouté «Turbine» est assez différent du reste de l’album, une mélodie énergique qui oscille entre rock et soul, la voix toujours aussi haute et  aérienne du chanteur à la barbe rousse, qui en fait un morceau sensuel et entraînant qu’on a envie d’écouter en boucle.

On a tout autant envie de mettre «Butterfly plague» en mode repeat, et pourtant on sort du cadre de «Turbine» pour aller vers un titre plus ancré dans l’émotion, planant et entêtant. «Pagliaccio», le titre suivant, repart  sur un rythme plus soutenu, toujours aussi entêtant, et clair. Et c’est là qu’en fait, Barbarossa est particulièrement talentueux. D’un morceau à un autre, l’énergie est totalement autre, le style même, est différent, à ceci près qu’aucun morceau néanmoins, ne se défait de la clarté et la fragilité de cette voix particulière. C’est cet élément commun à chaque titre de l’album qui fait qu’à aucun moment on a le sentiment d’être dans un fouillis désorganisé d’émotions éparses, l’ensemble fait preuve d’une véritable cohérence, tant et si bien que l’on a seulement le sentiment de traverser un univers artistique complet, complexe, certes mais entier.

C’est encore le cas avec l’excellent titre éponyme, « Bloodlines » , une ligne de basse, un synthé un batterie et cette voix d’un autre monde,  c’est follement simple, fluide et à fleur de peau.

Et on y retourne, sans se faire prier. 

Bloodlines _ Barbarossa – [Memphis Industrie]

Credit photo : David Fairweather

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