Surrealistic Pillow /1967


Retours aux Sources

vinyles-tt-width-604-height-403

 

À la demande  de la rédactrice des Vagabonds Solitaires, de tenir une chronique « Vinyles » je ne pouvais répondre que par l’affirmative. Le simple « oui » ne saurait regrouper le panel d’émotions contenues dans cette demande.

Joie, excitation, extase ! N’ayons pas peur des mots !

Comment vous décrire ma passion pour ce support autrefois vieillot – et pour certains d’entre vous chers lecteurs totalement dépassé – au vue de la multitude de façons que nous avons de pouvoir écouter notre musique… ?

Cette chronique, je vous le dit tout de go, sera partisane et très orientée ! Étant un réel nostalgique de la période 50’s/60’s malgré mon relatif jeune âge, dans cette rubrique il y aura tout ce qui me fait vibrer musicalement ! Du Rock’n’Roll, de la pop sucrée des « girls bands » américains, de la folk, des BO bizarres et improbables des films à papa, de la culture musicale Hippie, du Rock Psychédélique de la Côté Ouest, j’en passe et des meilleurs et j’en oublie surement !

Parce que oui, avant c’était un peu mieux !

Un retour aux sources semble  donc approprié pour mieux retrouver l’essence même de certains groupes, certains univers musicaux tombés dans l’oubli ou trop souvent jugés passés de mode. Le simple plaisir du léger craquement lorsque la pointe de votre cellule entre en contact de la galette en plastique, en passant par le  flot de bonheur qui vous envahit dès que les premières notes retentissent;  jusqu’à la pochette et l’univers qui concourent au plaisir de posséder ces reliques du passé : ce support demeure un objet d’art, n’en déplaisent aux ayatollahs des nouvelles technologies ! Pour autant, ne tombons pas dans la mièvrerie… L’association d’idées qui veut que le temps ajoute un côté cool et rétro ne fait pas tout. Avant comme maintenant les bacs pullulaient de productions très moyennes et navrantes.

Trêve de discours, entrons dans le vif  du sujet !

 

JEFFERSON AIRPLANE

slides8

Et ouvrons le bal avec  le monument sonore que constitue Surrealistic Pillow. Difficile de vous dire à quel point cet album demeure à mes yeux un chef d’œuvre. On me souffle pourtant  à l’oreille que je viens de le faire… Tentative d’explications !

Même s’il peut paraître étrange aux puristes de commencer par le deuxième album, il reste à mon sens le plus «accessible». Avec « White Rabbit », titre emblématique du genre psyché, connu par les amateurs de rock, il est permis à qui veut, de plonger dans le terrier du lapin.

Avant d’intégrer l’Airplane la chanteuse Grace Slick officiait au sein de The Great Society. Elle a apporté à Marty Balin et Paul Kantner deux titres qui avait fait la réputation de son précédent groupe : ce fameux Lapin Blanc et « Somebody To Love ». Avant plus étendues et aux sons nettement plus orientaux, elle retravaille avec le groupe ses deux chansons jusqu’à en faire de vraies pépites !

Ils vont à l’essentiel pour notre plus grand plaisir.

Vivons avec notre temps dirons les jeunes dans l’assemblée ! La sortie en CD daté de 2003 nous gratifie de quelques titres supplémentaires : Des versions en mono certes, des faces B ainsi que les très savoureux « J.P.P Mcstep B. Blues » et « In The Morning ».

Que dire de la voix, de la présence scénique de Grace Slick ? Elle semble incarner l’âme même du Jefferson. Elle demeure toujours la patronne du San Francisco Sound. Certains puristes, des vieux briscards ayant connu cette époque bénie la considère comme la seule chanteuse du rock. Rien de moins ! Tant pis pour Janis et Debbie !

Commençons par le menu :

En entrée, il vous sera servi : « She Has Funny Cars », « Somebody To Love « , et « My Best Friend ». En entremets : deux très belles ballades « Today », « Comin’ Back To Me ». S’il est un titre qui devrait vous attirer c’est bien celui là ! Au plat de résistance vous vous régalerez avec : « 3/5 Of A Mile In 10 Seconds », « D.C.B.A »., « How Do You Feel » et le très beau morceau instrumental « Embryonic Journey ». Le dessert reste le meilleur, si vous n’avez pas définitivement craqué devant cette avalanche de musique inspirée par les acides et autres herbes créatrices… :  « White Rabbit »

(ce titre a-t-il encore besoin d’être présenté ?)

La descente (d’acide?) se fera très sereinement avec « Plastic Fantastic Lover ».  Et sur ce, vous ferez de doux rêves tout en couleurs avec « In The Morning » si vous écoutez la version digitale et moderne du disque…

Remarquez comme cet album est parfaitement construit. Trois chansons qui permettent de rentrer crescendo dans l’univers du groupe. On poursuit par deux très beaux morceaux, très poignants, plus calmes, pour finir par un festival toujours plus dément où chacun des artistes laissent libre cours à son talent. Un concert de louanges si vous me permettez l’expression ! Que dire de plus lorsque l’on sombre à jamais dans les limbes du rock psychédélique grâce à cette galette musicale ?

Vous allez dire que je  sucre un peu trop les fraises, un peu vieux jeu le garçon tout de même. Je disais pareil de mes aïeux quand ils me farcissaient la cervelle avec leur vieilleries sonores.

J’en suis revenu, j’ai capitulé face au génie des créateurs des sixties et je les remercie !

 Loin de toute idéologie (enfin presque…) et parfaitement conscient que même encore aujourd’hui il existe sur ce bas monde de réels talents qu’ils me plaisent artistiquement ou non, pourquoi écouter toujours les mêmes disques, le même genre musical me demanderez-vous ? Si nous nous croisons un jour au détour d’une bière et d’une volute de fumée, je répondrais : ne serait-ce pas l’essence des albums géniaux qui peuvent encore s’écouter presque cinquante ans après leur parution ? L’époque que nous admirons (je ne suis pas le seul) pour toute cette émulation qu’elle soit sociale, politique et artistique, c’est cela à mon sens la vraie valeur de ces albums : rendre compte aux travers de leurs créations, des talents des musiciens et des compositeurs d’une période où tout paraissait possible.

Et si c’était ça le génie de cette bande de joyeux hippies ?

L’image du groupe reste en partie liée au Fillmore de Bill Graham et au Matrix où dès 1965 la première formation de l’Airplane fait ses armes (avec la chanteuse Signe Toly Anderson). Deux salles mythiques de la scène de la côte ouest, au même titre que le Avalon Ballroom et le Winterland Arena.

Du Fillmore nous reparlerons, de l’utilisation de certaines substances nous évoquerons les effets musicaux, des festivals les plus cools aux plus déjantés nous causerons, des jeunes gens aux cheveux longs nous nous remémorerons les performances scéniques.

Pour la prochaine chronique, je vous gratifierai de l’album de Quilt : Held In Splendor programmé à l’Austin Psych Fest cette année. A moins que mon humeur ne nous entraîne vers Neil Young et son live Time Fade Away.

Bref un beau programme en perspective.

Votre dévoué rédacteur !

 Alexandre ‘Psycho-boy’ Belmas

Et pour sombrer un peu plus dans la spirale et comme vous êtes sur un blog littéraire d’une certaine tenue, je ne saurais que trop vous conseiller les ouvrages suivants :

* California Dreamin de Steven Jezo-Vannier, éd. Le Mot et le Reste

* Places I Remember de Philippe Brossat, éd. Le Mot et le Reste

* Territoires Rock de François Bombard, éd. Camion Blanc

* San Francisco : 1965-1970, les années psychédéliques de Barney Hoskyns, éd. Castor Astral

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s