In The Court Of The Crimson King / 1969


kingcrimson

Dans la cour du Roi Cramoisi

 

Aujourd’hui, pour notre deuxième chronique des « Pépites Sonores », je vous gratifie pour cette fois de King Crimson ! Tremble lecteur ! Décidément vous devez vous dire que Psycho Boy est à côté de la plaque ! Pas faux… Il vous avait promis de vous faire découvrir Quilt ou ce live de Neil Young uniquement pressé en vinyle et dont la publication en CD (officielle j’entends) reste une légende urbaine pour quelques décennies encore.

Pourquoi King Crimson ? Parce que du psychédélique au rock progressif, il n’y a qu’un sillon. Robert Fripp et sa bande ont donc plus que leur place dans cette chronique.Tout fou, tout ému, le doigt tremblotant sur la machine, le gars vous cause de ce monument musical de la fin des sixties : 69 pour être précis. Modestement intitulé « In The Court Of The Crimson King » avec une pochette aussi énigmatique qu’effrayante, ce disque est purement et tout simplement une météorite, unique dans son orchestration et ses sonorités, élaboré autour d’un maître mot (à mon sens) : Nihilisme.

Ce disque a quelque chose d’hypnotique et de vraiment attachant.

Les mélodies sont  graves, voire lourdes, d’une rare densité qui n’enlève pourtant rien à la grandeur du disque et on reste bouche bée devant la quasi-perfection de l’enregistrement. Certaines oreilles affûtées pourront vous dire que les enregistrements faits aux Studios Wessex laissent peu de places à la batterie de Michael Giles. Soit !

Petite confession ! J’ai acheté ce disque en parfait inconnu ou presque… Je ne connaissais que la version de Steve Hackett en live au Japon avec  » In The Court Of The Crimson King « , écoutée très jeune sur recommandation paternelle.

Un pur bonheur ! Et un réel renouveau pour ce titre emblématique du Prog’ 60’s anglais. L’orchestration de ce live permet une légèreté qui manquait peut être à la version album.

La mélodie est restée gravée en moi, sifflotant à l’envie cet air étrange, captivé par ses sons issus d’instruments archaïques (au vue des prouesses actuelles) dont le mellotron actionné par Ian McDonald. Seulement quelques musiciens savent ou osent encore les utiliser, dont le regretté Ray Manzarek, clavier des Doors.

Attiré par la pochette ô combien angoissante, ni une ni deux, je craque et là … 

Ta Dam  :  Dès la première écoute, magie, j’étais aussitôt fasciné !

Plongeons dans le vif du sujet : « 21st Century Schizoid Man » : un charabia mal dégrossi ! Copie à revoir. Si le cœur vous en dit vous pouvez  toujours l’écouter, à vos risques et périls…

Après le chaos, un peu de sérénité et de cohérence avec « I Talk To The Wind ». Chanson douce et entêtante, il s’agit d’un bijou aux paroles, qui replacées en contexte se révèlent être le cri d’une génération. Rejet des codes des aînés, d’une certaine façon de vivre : une nouvelle liberté pour la génération qualifiée de hippie. Une première version de ce titre avait été enregistrée par « l’avant King Crimson » à savoir Giles, Giles and Fripp avec la chanteuse Judy Dyble (ex chanteuse de Fairport Convention).

 

Pour la version King, le groupe l’a alourdie, y ajoutant une intensité dramatique, une ambiance pesante, caractéristique de l’album.  Mais ceci n’était que le hors d’oeuvre ! L’aventure se poursuit avec « Epipath ». L’écoute est beaucoup plus appropriée qu’un long discours. Ne faites rien d’autre qu’écouter ! Laissez vous aller, vous allez dériver, voguer lentement vers les limbes du progressif.

 

Une dernière bouffée d’oxygène avec « Moonchild ». 

La tracklist en grand huit finit en apothéose par  » In The Court Of The Crimson King ».

Du très bon, du très grand, une explosion de sonorités, une ambiance grandiose et très sombre.

 

Un titre qui a été utilisé pour le film d’Alfonso Cuaron « Les Fils de l’Homme ». Une merveille du cinéma d’anticipation, avec des plans séquences parfaitement mis en scène !

Les univers de ces deux œuvres sont similaires. Fin du monde, anarchie, nihilisme et avenir partiellement compromis. Deux périodes de temps : fin des années 60 (période de composition et d’enregistrement du disque) et années 2020-2030 (action du film) se rejoignent pour nous faire voir et écouter que notre futur est voué à l’échec. Merci Fripp et Cuaron (et P.D. James l’auteur du livre) !

Vous remarquerez tout au long de ces modestes chroniques que je m’extasie facilement… Gageons que mon attrait sans limite pour ces albums, qui ont bercé mon adolescence – non je n’écoutais pas de la pop américaine étant ado – puisse vous emporter comme moi dans des contrées sonores qui tombent inexorablement en désuétude !

Pour savoir comment fonctionne un Mellotron, l’instrument vedette de cet album, vous pouvez cliquer avec votre petit index sur le lien suivant. C’est un peu en japonais (merci à eux pour la pertinence de ce documentaire) mais aussi et surtout en anglais : http://bit.ly/1mQiFGP

Je tiens à remercier chaudement ma mère d’avoir enduré pendant ces longues heures les bruits des flûtes, claviers, grosse batterie poussés à fond. Faire rugir le vinyle jusqu’à l’épuisement… et surtout des nerfs de mon aînée.

Et dans la section écoutes qui n’ont rien à voir avec cette chronique je vous recommande chaudement  : Les Temptations avec « All Directions » et Mandingo « Primeval Rhythm Of Life« 

 

Alexandre « Psycho Boy » Belmas pour vous servir !

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2 réponses à “In The Court Of The Crimson King / 1969

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