Christine and the Queens / Chaleur humaine


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Je ne vais pas faire preuve d’une originalité folle dans le choix de cette chronique, et pour cause, Christine and the Queens et son nouvel album sont au cœur d’un véritable intérêt médiatique ces dernières semaines. Fait plutôt rassurant en terme de qualité du paysage musical français, on est aussi en droit de se réjouir que cet intérêt ne se cantonne pas qu’aux petites sphères branchouilles et parisiennes.
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Chaleur Humaine est le premier album (après 3 EP) de Christine and the Queens, un premier album ô combien attendu et divinement enthousiasmant que l’on doit à la non moins enthousiasmante Héloïse Letissier. Christine and the Queens est un projet de longue date, qui voit le jour à Londres en 2010 et mêle à la fois musique, performance vidéo, photographie et dessin. Oui parce qu’autant le dire, vu d’ici la jeune femme est une touche-à-tout hyperactive incroyablement douée, en tout (oui: c’est énervant). Comme son nom de scène le suggère ce projet s’inspire du monde queer, et on retrouve en filigrane solide et subtil tout au long de l’album cette influence et cet intérêt autour de la question du genre de l’androgynie et d’une certaine volonté de sortir des carcans.
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Entre 2010 et 2013 , Christine and the Queens sort: «Misericorde» puis, «Mac Abbey» avec [Remarks Records], avant de signer avec le label français [Because Music] avec qui elle sortira «Nuit 17 à 52». EP qui propulse directement Christine and the Queens aux Victoire de la Musique 2014.  A noter qu’avant la prestation plus que remarquée qu’elle offre à cette occasion, Christine and the Queens écume et assure les premières parties de The Do, Lykke Ly, Woodkid ou Lilly Wood and the Prick… rien que ça, et qu’elle aura été aussi propulsé quelques temps avant sur la scène du Printemps de Bourges.
En dehors de cet intérêt soudain (bien que mérité) et du fait qu’on prédit Christine and the Queens comme l’artiste française à suivre absolument, le fait est que la jeune artiste possède d’ores et déjà un univers solide et captivant, un jeu de scène hypnotique, un talent fou pour jouer avec les mots, et l’alternance de l’anglais et du Français, et un sens du rythme tout aussi décalé qu’efficace. Oui rien que ça. Pour ma défense, mon intérêt pour sa musique et son univers ne date pas plus d’hier que d’avant-hier mais de plus longtemps déjà – merci Barbieturix – je n’ai pas attendu cet engouement général, pour me faire une opinion sur la façon qu’à Héloïse Letissier de faire rimer les mots musique, éclectique, et fantastique.

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Autant vous le dire, je suis à quelque chose près unanime sur le génie que contient chacun des morceaux en conséquence, ma subjectivité est totale concernant cet album. J’écoute certains titres inlassablement en boucle depuis sa sortie. Et fait – de plutôt bonne augure me concernant – j’aime un peu plus l’album à chaque écoute, découvrant au fur et à mesure toute l’étendue de la beauté des textes et de l’efficacité des mélodies.

Au fil de l’album, des véritables perles d’émotions avec « Christine », « Paradis perdu » (merci Christophe) ou encore « Half Ladies ». CATQ frappe d’autant plus fort que le contenu des textes n’est pas d’un optimisme fou, comprenez que tout n’est pas rose et beau au pays des Queens et que pour autant il ne s’en dégage aucune sorte de lourdeur, et c’est là qu’est toute la force et la subtilité de la chose : « Half Ladies » illustre à merveille ce propos de par l’émotion qui s’en dégage.

D’autres titres comme « Science fiction » ou « Ugly-Pretty » apportent quelque chose de plus léger et une envie irrépressible de bouger son corps. Pour ne rien gâcher, l’album fonctionne comme quelque chose d’entier, d’homogène et chaque morceaux apporte sa pierre à l’édifice, à savoir un album, déjà disque d’or (et ouais !)

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Que dire de plus ? Je pourrais aussi vous parler de l’influence évidente d’un certain Mickael Jackson , mais bon, tout le monde le dit on s’en passera donc. Moi je trouve qu’il y a quelque chose de Lou Reed aussi dans tout ça figurez-vous mais celà semble moins sauter aux yeux de tous. Quoi qu’il en soit, ce qu’il faut dire aussi, et qui est loin d’être négligeable c’est à quel point les influences d’Héloïse Letissier sont diverses, et c’est aussi ce qui fait que l’on peu se laisser prendre au jeu à la première écoute, peu importe l’univers musical dont on se rapproche au départ.
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Pas vraiment besoin d’en dire plus, je ne saurais que vous encourager vivement à ne pas rater cet album grandiose. A ne pas passer à côté d’une artiste comme il en est peu, d’autant qu’en plus la tournée est en cours, et compte un bon nombre de dates.
Pour ma part j’ai rendez-vous avec Christine and the Queens en octobre pour la Fiesta des Suds et ça :

c’est vraiment cool!

 

arton173806

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2 réponses à “Christine and the Queens / Chaleur humaine

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